sur le tarmac, ils me dissimulent les visages des employés de l’aéroport, nous les suivons sous la pluie battante, odeur de chaleur et de terre mêlées, bruit de la pluie sur la toile tendue des parapluies, rumeur de voix étouffées. Ces premières sensations s’ajoutent aux images persistantes de l’avion qui tangue et qui hésite au-dessus de la piste, de la carlingue qui claque sous les impacts des éclairs d’orage.

2 èm jour, les voyageurs se sont attablés pour fixer l’itinéraire de la marche, les individualités s’affirment, un certain John nous fait comprendre dans un sabir mi-anglais mi-espagnol qu’il connaît parfaitement la région, qu’il fera un merveilleux guide et que d’ailleurs…il a une boussole, donc sécurité assurée ! Le groupe est un peu sceptique et préfère s’en remettre au guide local. Bien nous en a pris car le périple a été douloureux, les pluies abondantes avaient transformés les pistes en lit de gadoue, les passerelles étaient impraticables et nous subissions les attaques répétées des moustiques, au fil des heures le moral des troupes baissait, certains s’imaginaient déjà errant dans la forêt tropicale se nourrissant des rhizomes de plantes vénéneuses et mourant dans d’atroces souffrances. N’exagérons rien, au Club Med j’ai rencontré des GO mais je n’ai jamais vu Indiana Jones… Enfin, je pense que certains ont besoin de se créer des émotions pour que la séance diapos du retour soit un peu jubilatoire !

3èm jour
Quelle frayeur ! Au détour d’un sentier, nous sommes tombés nez à nez avec un guépard, curieusement il n’y a pas eu de panique, le groupe s’est brusquement transformé en statue de sel, l’instinct de survie a dicté une conduite unanime : ne pas énerver l’animal.
Qui ne s’est pas énervé et qui s’est contenté de tourner les talons en balançant la queue…
Nous avons appris le lendemain que ce guépard était apprivoisé et que son maître, le propriétaire du camp, le laissait faire sa promenade librement chaque jour. Les organisateurs du séjour avaient eu le tact de nous taire sa présence pour faire « plus vrai ».

4èm jour
Après de longues palabres, nous avons décidé … de ne rien faire, trop d’émotions tue l’émotion. Nous avons pu constater à la moue qu’affichaient certains visages que la décision n’était pas unanime. Mais cette journée de liberté va me permettre de coucher sur le papier mes 1ères impressions de voyage et de penser à toi.